je suis une femme

Vous n’êtes pas trop.
Vous vous êtes simplement contenue.

Pendant longtemps, vous avez appris à vous adapter.

À être forte, mais pas trop.
À être douce, mais pas effacée.
À être présente, mais jamais entièrement.

Pas pour vous trahir.
Pour rester en sécurité.

Mais quelque chose en vous n’a jamais disparu.

Vous le ressentez.

Vous ressentez votre puissance.

Mais vous ne l’habitez pas encore pleinement.

Vous ressentez votre stabilité.

Mais elle reste fragile dans certains environnements.

Vous ressentez qui vous êtes.

Mais vous ne vous autorisez pas encore à l’être entièrement.

Vous avez appris à vous adapter.

Pas parce que vous étiez faible.

Parce que vous étiez sensible.
Attentive.
Consciente.

Vous avez senti ce que les autres attendaient de vous.

Alors vous vous êtes ajustée.

Vous avez dit oui quand c’était non.
Vous avez souri quand vous étiez fatiguée.
Vous avez porté ce qui ne vous appartenait pas.

Pas pour mentir.

Pour rester aimée.
Pour rester en lien.
Pour rester en sécurité.

Mais à force de vous adapter, quelque chose s’est éloigné.

Pas votre force.

Votre vérité.

Et le corps finit toujours par parler.

La fatigue.
La tension.
Le besoin de s’isoler.
L’épuisement sans raison apparente.

Ce n’est pas une faiblesse.

C’est un signal.

Ce qui en vous ne veut plus se trahir commence à se réveiller.

Vous n’avez jamais été trop.

Vous avez seulement appris à devenir moins.

Il n’y a rien à corriger.

Rien à devenir.

Seulement à revenir.

À ce point en vous
qui n’a jamais été brisé.

Ce que vous retrouvez

Votre stabilité

Vous cessez de vaciller selon les circonstances.

Votre clarté

Vous cessez de douter de vous-même.

Votre intégrité

Vous cessez de vous fragmenter pour être acceptée.

Vous êtes prête.

Pas à devenir quelqu’un d’autre.

À redevenir vous.